« L’autoroute » de Luc Lang

9782234075450

Frédéric le narrateur se rend pour la saison comme conducteur d’arracheuse de betteraves dans cette plaine du Nord, décrite de façon très sombre. Il rate sa correspondance pour Armentières, et se retrouve dans une petite gare à la recherche d’une chambre pour la nuit. Il est alors abordé par un couple Thérèse et Lucien. Ces deux-là sont réunis par un concours de circonstances alors que tant de choses les opposaient. Après forces bières dans une brasserie blafarde (que de descriptions sombres), Thérèse propose à notre narrateur, rebaptisé Fredo, de venir chez eux, leur ami n’étant pas venu. La maison, un vaste château, un peu à l’abandon, au bord de l’autoroute, héritée d’une tante qui avait épousé un vieux et riche colonel. Le colonel et la tante étant décédés, Thérèse s’est retrouvée héritière et s’y est installée, laissant une vie parisienne que nous découvrirons peu à peu, avec Lucien qui fut le majordome de ce colonel.

Frédéric va entamer sa saison dans les champs de betteraves, surtout la nuit, tout en rêvant à une carrière de saxophoniste comme un oncle qui est sa référence. Malgré de nombreux chats en maîtres dans cette demeure, les tentures vieillies, et de nombreuses bières, notre narrateur ne saura résister à Thérèse et s’installera dans ce cadre. De longues descriptions de cette existence chaotique et toujours sombre. Thérèse se révèle être une bonne chanteuse de blues et insistera pour remettre au saxophone Fredo. Parfois, nous avons l’impression d’être dans la noirceur, une certaine misère, les personnages coincés entre l’autoroute et la vieille demeure : peu de soleil et de ciel bleu ! Un autre personnage Fredo 1 (Alfred) ancien jardinier au temps du colonel arrive quelque temps et l’on découvre une Thérèse dont le cœur balance un peu entre les 2 hommes ! Thérèse est fascinée par cette autoroute, attirée par cet espace éclairé la nuit par les phares des nombreux poids lourds qui l’empruntent ; « elle s’y produit » comme sur une scène, cette vie qu’elle a laissée à Paris en héritant de cette demeure. Une scène avec les chauffeurs routiers est particulièrement sombre et triste. Lucien, le compagnon, est un peu dépassé par le débit verbal et les attitudes outrancières de cette femme. Mais… un drame se produira dans cette histoire qui semble se dérouler sans cesse dans la nuit ! Le narrateur, toujours dans son rêve de saxophoniste, est dominé par cette femme qui veut lui offrir d’habiter dans ce château, de refaire tout l’entretien du jardin et… le saxophoniste et la chanteuse de blues ! resteront dans ce cadre.

Roman court et assez brutal tout de même, avec des phrases longues, mais d’où ressort une certaine tendresse dans un monde sans concessions. Toute cette noirceur serait-elle le reflet de la misère humaine ?

Elisabeth A.

 »L’autoroute » de Luc Lang chez Stock

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