« Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes » de Olivier Bleys chez Albin Michel

9782226318152Connaissez-vous le Sumac, cet arbre à laque ancestral en Chine ? Tout ce livre tourne autour d’un ‎Sumac, et nous voici dans une sorte de conte imaginé par la belle écriture d’Olivier Bleys (se souvenir ‎de son livre « Concerto pour la main morte » qui se passait aux fins fonds de la Russie).‎
‎ Dans une Chine en pleine transformation, nous suivons l’histoire d’une famille pauvre les ‎Zhang. Wei Shang et les siens, femme, fille, belle-famille, vivent dans une masure sans confort, mais ‎avec une richesse à leurs yeux importante, ce sumac, cet arbre à laque, et sous lequel sont enterrés les ‎parents de Wei. Dans une ville rachetée petit à petit par un riche promoteur qui veut réaliser un grand ‎projet minier, les Zhang rêvent de racheter leur maison, afin de respecter le serment fait aux parents ‎décédés de Wei : les honorer sous cet arbre. Menace d’expulsion, cette famille unie et pétrie de ‎traditions ancestrales, survit tant bien que mal. Aidé par un ami cheminot, Wei arrive à extraire ‎illégalement quelques morceaux de charbon pour chauffer leur masure. Il est au chômage, et Olivier ‎Bleys nous fait vivre intensément cette vie difficile. Leur rêve est sur le point de se réaliser ; malgré les ‎difficultés, les privations, ils ont réussi à économiser pour acheter cet « endroit sacré ». Mais la ‎modernité avance inexorablement ; ce grand projet minier, immobilier est en train de se réaliser. Les ‎Zhang ne peuvent se résoudre à leur expulsion et un bras de fer va s’engager entre « les pauvres et les ‎riches ». Même si l’on se doute de l’inégalité de cette lutte, nous sommes bouleversés par ‎l’acharnement de Wei Zhang à vouloir sauvegarder cette masure, leur arbre. Wei, naïf, se fera ‎totalement écraser par cette machine capitaliste ! Les difficultés s’amoncellent : plus d’eau, plus de ‎chauffage… La maison sera enclavée au milieu des travaux, petit ilôt de nature dans ce monde ‎moderne : une « maison-clou ». Wei n’a que l’amour pour sa famille, ses disparus, ses valeurs ‎ancestrales, son arbre ; il va se battre avec ses pauvres armes, se fera voler ses économies, sera ‎maltraité. A découvrir la fin de ce beau roman « pot de fer contre pot de terre » écrit dans une très ‎belle langue. Ce livre nous fait réfléchir sur les liens avec la nature, sur les valeurs traditionnelles. Je re-‎dis que, pour moi, Olivier Bleys est un bon conteur.‎

par E.S.A‎

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