« La carte des Mendelssohn » de Diane Meur chez Wespieser

9782848051918Curiosité, travail et fantaisie seraient les trois qualités que j’attribuerais à Diane Meur, dont le livre « La carte des Mendelssohn », biographie ou roman, c’est selon, vient de paraître récemment. De cette famille, on connaît tous (plus ou moins) le talentueux Felix Mendelssohn et le grand-père Moses, philosophe. Entre ces deux génies, Abraham : « un banquier avait donc servi de pont entre un philosophe des Lumières et un compositeur romantique… un néant entre deux génies. » Diane Meur traductrice et romancière belge, nous emporte dans un livre, dont la lecture nous ravit à chaque page, et pour des raisons bien différentes.

Curieuse d’abord : usant de qualités d’historienne, elle a exploité une quantité importante d’archives, qui lui ont permis à partir d’Abraham, de remonter assez précisément à Moses Mendelssohn, son père, philosophe, talmudiste, juif de « sixième catégorie », (selon des principes établis pour les juifs de Prusse par Frédéric II en 1750) celle des domestiques, vivant à Berlin. Le cheminement chronologique n’est pas toujours le fil conducteur de ce livre, qui devient un vrai roman, tant la richesse des destins rencontrés, fait briller chaque personnage, tant dans la tragédie que dans la gloire. Insatiable, Diane Meur ne néglige rien et transforme une ligne dans le temps en une carte dans l’espace, habitée de ces générations Mendelssohn.
Travailleuse, infatigable, obstinée, telle une fourmi accumulant quantité de documents, rendant ce roman passionnant d’un point de vue historique. « Je voulais simplement rappeler le climat d’ébullition et de fermentation dans lequel commence sa vie publique (celle de Moses). Ce siècle de la Raison voit aussi pulluler illuministes et illuminés, persister les procès en sorcellerie et les espoirs millénaristes…Une forêt obscure l’Histoire. Mais c’est particulièrement vrai au siècle des Lumières. » Elle cherche toujours à comprendre en analysant, quitte à bousculer l’histoire. Et si ce livre ne ressemble à aucune autre biographie, c’est grâce à une troisième qualité.

La fantaisie. « Si l’histoire (dans son mouvement, sa dynamique et sa causalité) est pour moi une matrice de la fiction, je me sens incapable d’écrire une fiction à partir de faits historiques réels. J’ai besoin de personnages qui vivent, moi, qui vivent leur vie de personnages, laquelle n’est pas encore écrite au départ et dont je ne sais pas tout. »Diane Meur pendant qu’elle construit sa carte, nous parle d’elle comme femme contemporaine face à cette quantité d’informations, qu’elle cherche à rendre vivante, comme elle le dit dans la citation précédente. « Le livre serait ce qu’il serait. Moi je voulais savoir ». Et l’idée de « La carte Mendelssohn » lui vient de l’éclatement en tant de lieux de cette famille. Son lieu romanesque ce serait la famille elle-même, avec ses strates, ses blocs, ( en illustration, ce qu’elle a appelé le bloc Joseph) ses sommets, ses combes, dont elle ferait le relevé topographique avec des bristols de couleurs différentes. Génial.

On aurait presque plus envie de rencontrer l’auteur que les héros qui habitent cette carte. Ce livre aurait pu être sombre, il est lumineux grâce à la fantaisie. Il aurait pu être rébarbatif, il nous surprend à chaque chapitre. Il aurait pu être savant, elle l’a rendu amusant.

par Nathalie P.

Je suis intéressé(e) par ce livre : je clique ici.

Pour consulter le blog de Nathalie P., cliquez ici  : Une t@sse de bonheur

 

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