« Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés » de Jami Attenberg aux Escales

9782365691451 Un titre original pour un livre atypique et un personnage fort. Point de chapitres, de début, de ‎milieu, une biographie avec les extraits du journal de Mazie, et des interventions de personnes qui ‎s’en souviennent, l’ayant connue de près ou de loin, parfois des générations sivantes.‎
‎ Nous sommes dans le New-York du début 1900 jusqu’à 1940 environ. Mazie se raconte. ‎Arrivée vers 10 ans avec sa jeune sœur Jeannie, elles rejoignent leur aînée Rosie qui est mariée avec ‎Louis Gordon, dont la réussite financière n’est pas toute blanche de probité. Peu importe, les sœurs on ‎fui un père violent et une mère incapable. Enfant, adolescente, Mazie ne rentre pas dans le cadre de ‎l’époque. La famille vit dans le Lower East Side dans des logements petits, la communauté est juive. ‎Mazie veut s’amuser, vivre, arpenter la rue pour mieux la sentir. Elle aime boire, et ne dédaigne pas de ‎lever le coude avec ses diverses rencontres, ni même de prendre du bon temps avec les hommes afin ‎de se sentir moins seule.‎
‎ Louis Gordon a acheté un cinéma Le Venice ; et dans sa « cage » cette caisse d’entrée du cinéma, ‎Mazie voit défiler beaucoup de personnes, et la misère. Elle y rencontera « le capitaine », l’amour de ‎sa vie qui vient de temps à autre, Sœur Ti, religieuse catholique qui deviendra sa meilleure amie, et ‎l’entraînera vers les autres sans chercher à la convertir. C’est donc toute la vie de cette femme qui se ‎déroule sous nous yeux ; avec Mazie, nous vivons la Grande Guerre, ses conséquences, la Prohibition, ‎le Krach boursier de 1929 et l’énorme misère qui s’en suivra… une vision de New-York bien loin du ‎Manhattan actuel, un New-York sale, pauvre.‎
‎ Malgré une vie familiale un peu chaotique avec une jeune sœur qui les quitte pour une vie ‎aventureuse , Mazie est tournée vers les autres. Lors du décès de son beau-frère, avec sa sœur Rosie, ‎elle hérite d’une certaine fortune ; et sans relâche, chaque nuit, elle aidera les sans-abris, les fauchés, ‎les éclopés et le jour elle est dans sa « cage » qui lui permet de voir ce qui se passe autour d’elle. C’est ‎dans ces nuits à aider les autres, qu’elle trouve sa liberté. Elle ne se voit pas comme une sainte, elle qui ‎peut paraître frivole et ne dédaigne pas de boire, même pendant la Prohibition… elle ne supporte pas ‎la misère, étant naturellement généreuse. Elle s’occupe également de sa grande sœur Rosie, devenue ‎‎« folle » de ne pouvoir avoir d’enfats, et totalement perdue à la mort de son mari, elle aide aussi sa ‎jeune sœur lorsqu’elle revient après bien des déboires. Trois solitudes à côtoyer la misère !‎
‎ Un livre peu banal, parfois déconcertant ; le style est plutôt celui d’un langage quotidien. Mais c’est ‎Reine Mazie, Sainte Mazie… lumineuse.‎

‎ E.S.A.‎

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