« L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir » de Rosa Montero chez Métailié

9791022601641Quel beau livre ! S’il peut être classé parmi les biographies, autant que les romans, c’est parce que Rosa Montero à qui l’on a demandé de faire une introduction pour un recueil de lettres de Marie Curie, écrit une biographie de cette femme en même temps que sur un aspect de sa propre vie, et fait de ce livre un roman soulevant avec grande simplicité les thèmes quelquefois sombres que sont le deuil,  la place de la femme, l’ambition. Toute la magie de ce livre est dans cette fausse légèreté qu’elle utilise pour passer d’une vie à une autre, sans faire de comparaison – qui oserait avec cette femme exceptionnelle qu’est Marie Curie !!!

L’auteure en voulant faire un travail aussi précis que renseigné, s’est plongée dans la lecture de plusieurs biographies de cette héroïne, pour la connaitre, la comprendre et nous la faire découvrir. L’Histoire est déjà passionnante, et cette femme hors norme est un exemple pour tellement de choses. Comme le dit non sans sourire Rosa Montero, il faut bien aussi lui trouver quelques défauts, si l’on ne veut pas faire une hagiographie ! Mais quelle femme, quel couple aussi ! Et l’approche faite par le livre est comme si on était assis à côté de  quelqu’un, vous racontant une belle histoire, avec ce qu’il faut d’aventure, de danger, de courage, d’amour, et d’héroisme. On apprend beaucoup, on sourit, on pleure aussi quelquefois, on s’extasie, avec quelquefois un sentiment de d’effroi quant aux réactions de la société de l’époque.

Ce qui rend ce livre original et accrocheur, c’est l’aspect personnel de l’auteure. Cette femme a été appelée à réfléchir sur un moment de sa vie, et à avancer grâce aux mots qu’elle couche sur le papier, comme si l’écriture devenait pour elle une thérapie. Le destin de Marie Curie l’a aidée à méditer sur la vie, et de son texte émane une énergie, une vitalité qu’on lui envie, tant elle semble être l’aboutissement d’une réflexion. Le livre est ponctué de mots précédés de hashtags, donnant ainsi une récurrence à plusieurs thèmes abordés. Enfin il rend honneur aux femmes et à toutes celles dont les œuvres ont été « volées ». Féministe oui, mais avec des exemples que l’on ne devrait jamais oublier.

Pour vivre nous devons nous raconter. Nous sommes un produit de notre imagination. Notre mémoire est une réelle invention, un conte que nous réécrivons un peu tous les jours (ce dont je me souviens aujourd’hui de mon enfance n’est pas ce dont je me souvenais il y a vingt ans). Ce qui veut dire que notre identité, elle aussi, est fictionnelle, étant donné qu’elle se fonde sur la mémoire. Et sans cette imagination qui complète et reconstruit notre passé, et qui donne une apparence de sens au chaos de la vie, l’existence pourrait nous rendre fous et serait insupportable, pur bruit et fureur. C’est pour ça que, quand quelqu’un décède … il faut écrire la fin. La fin de la vie de celui qui meurt, mais aussi la fin de notre vie commune. Se raconter ce que nous avons été l’un pour l’autre, se dire toutes les belles paroles nécessaires, construire des ponts sur les failles, débarrasser le paysage de ses broussailles. Et il faut graver ce récit achevé sur la pierre tombale de notre mémoire.

par Nathalie P.

Je suis intéressé(e) par ce livre : je clique ici.

Pour consulter le blog de Nathalie P., cliquez ici  : Une t@sse de bonheur

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s