« Ederlezi : comédie pessimiste » de Velibor Čolić chez Gallimard

9782070145782Entendu sur France Culture lors d’une émission sur le festival « Etonnants Voyageurs », Velibor Colic a tout de suite retenu mon attention. Son parler un peu rigolard au début pour le rendre plus grave ensuite. Sur un sujet ô combien douloureux : le sort du peuple tzigane,  épargné par personne, au détour d’ épisodes sombres de notre histoire européenne. Le lendemain, j’avais lu son livre « Ederlezi ». Et je n’y suis pas restée indifférente, transportée par autant d’effroi que d’attachement.

Ederlezi est la fête où les tziganes célèbrent le printemps, quarante jours avant l’équinoxe, les slaves des Balkans y ayant apporté une dimension chrétienne en y ajoutant la saint Georges. Ederlezi est aussi une chanson découverte lors de la sortie du film « Le temps des gitans », faisant ainsi connaitre ce chant datant de la fin des temps. Et le roman va habilement raconter l’histoire d’un orchestre tzigane au cours du siècle passé, dans un petit village qui assistera à la disparition des uns et des autres, dans des conditions épouvantables. Or ce récit prend l’aspect d’un conte philosophique au moment où l’auteur apporte une dimension un peu surnaturelle à l’histoire, mêlant avec tact et naturel les récits relevant de l’histoire, les légendes colportées par ce peuple, et des citations de gens célèbres semées à la discrétion de l’auteur au fil du livre. « Les réincarnations successives d’Azlan font vivre avec bonheur la figure du rom errant éternellement, porté par un vent de musique et d’alcool, chargé des douleurs et des joies d’un peuple comparable à nul autre ».

On ne peut pas s’empêcher de penser aux films du réalisateur Emir Kusturica. Evoquée dans « Le temps des gitans », on retrouve cette atmosphère de musique omniprésente, d’alcool consommé avec excès, de femmes aux petites vertus, aux hommes naviguant entre le plaisir et l’amour fou, et de tendresse infinie. Mais on comprend aussi pourquoi et comment ce peuple se sent maudit, alors qu’il garde toujours un espoir, sans vraiment  savoir de quoi. Peuple de partout et de nulle part… »il était de sang impur et incertain. Ses ancêtres nomades plantèrent leurs tentes sur cette terre où l’Europe doute sans cesse de ses frontières, quelque part entre sa Roumanie natale et la Macédoine, entre la mer noire et l’Albanie. » Le sous-titre du livre est  » Ederlezi, Comédie pessimiste », car effectivement, on n’aperçoit même pas l’ombre d’une solution ou d’un avenir meilleur.

« Celui dont le visage est sans rayons ne deviendra jamais une étoile ».

par Nathalie P.

Je suis intéressé(e) par ce livre : je clique ici.

Pour consulter le blog de Nathalie P., cliquez ici  : Une t@sse de bonheur

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