« Pourquoi les oiseaux chantent » de Jacques Delamain chez Equateurs

9782849901243Il est des éditeurs qui, tels des orpailleurs, nous font découvrir des pépites remontées des sables et fonds endormis de la littérature. Ainsi ont fait les Editions des Equateurs, qui ont exhumé un texte au titre simplissime, « Pourquoi les oiseaux chantent », paru en 1930 sous la plume (si l’on ose dire) de Jacques Delamain et réédité par les éditions des Equateurs.
L’auteur, de vieille racine charentaise et de longue lignée de producteurs de cognac, prolongea la tradition négociante familiale par devoir, mais surtout cultiva et approfondit sa vraie passion: l’ornithologie. Il écrivit peu, cet opus étant l’un des rares textes qu’il choisit de faire publier. « Il n’était pas un écrivain-né, il le fut par accident », dit de lui, un jour, un autre charentais, le romancier Jacques Chardonne, ajoutant : « Tout à coup, pour exprimer la passion de sa vie, il eut un style de virtuose, le trait juste, infiniment souple et varié, sans surcharge, sans la moindre coquetterie dans la phrase ».Jacques Delamain s’avère être en effet un connaisseur extraordinairement vivant et captivant de tout ce qui vole. Outre ses analyses fines et éminemment poétiques du chant des oiseaux, de leur richesse mélodique et harmonique (étrangement et invariablement déclinante au fur et à mesure que les volatiles s’éloignent des terres et s’avancent vers l’océan, « la mer n’a pas de chanteurs », écrit notre ornithologue), il nous instruit également, dans un permanent bonheur d’écriture, sur leurs habitudes migratoires, leurs comportements sociaux (amoureux, grégaires ou solitaires), leurs milieux naturels (maritimes, fluviaux ou sylvestres).Que ne connaissions-nous les noms, et les mœurs, du pouillot véloce, du bruant, du friquet, de la fauvette traîne-buisson, du bec-fin aquatique, du traquet pâtre, de la farlouse, de la lulu, « seul oiseau qui chante en plein vol dans l’obscurité », du mystérieux engoulevent « dont le vol ouaté hante les clairières à l’heure indécise », du rouge-queue de muraille « en somptueux plumage de noces, poitrine et reins cuivrés, manteau gris-bleu, gorge noire et front blanc pur » !
Tous les textes de ce livre sont de cette veine, lumineuse et chatoyante, à la manière de Colette, qui l’admirait et lui écrivait : « Que j’aimerais être votre voisine à la campagne, je vous demanderais tout ce que je ne sais pas ! ».
L’homme s’est envolé, lui aussi, pour l’éternité, un beau jour de 1953, aussi discrètement qu’il vécut, dans sa maison de la Charente, nous laissant ces textes, précis et enchanteurs, aptes à nous rendre à tout jamais amoureux de cette faune aérienne aux infinies parures et expressions musicales.

par JB

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