« Les filles au lion » de Jessie Burton aux éditions Gallimard

 

N’ayant pas lu le premier roman « Miniaturiste », je ne peux être tentée de faire des parallèles, ce que j’entends autour de moi. Ici deux histoires qui se chevauchent pour se rejoindre autour d’une intrigue complexe et ayant trait à l’art.


Deux périodes alternent dans ce livre. Nous commençons en 1967 à Londres : Odelle est une jeune fille bien élevée, cultivée, passionnée par Shakespeare et les classiques anglais; elle rêve d’être « écrivain » (elle écrit déjà en cachette !); venant de Trinidad, elle se retrouve à Londres 
afin de réaliser son rêve. Mais en 1967, tout irait bien… Si Odelle , dont le père engagé dans la RAF et mort pour le pays, n’était noire et femme !

Sous le regard peu amène de ses contemporains et devant le racisme, la précarité, Odelle n’ose se lancer, ne se sentant pas sûre d’elle. Venue avec son amie Cynthy, elle se retrouve à vendre des chaussures; menant une existence solitaire, sans amis, elle partage le même appartement que son amie qui va bientôt se marier. Une lueur d’espoir : elle obtient une place de secrétaire dans une galerie de peinture, auprès de l’énigmatique Marjorie Quick, quinquagénaire qui la prend sous son aile; un lien se noue entre ces deux femmes, bien que Quick alterne sollicitude et froideur ! Lors du mariage de son amie Cynthy, la jeune fille rencontre Lawrie Scott, jeune anglais qui s’attache à elle. Sa mère vient de mourir, lui léguant simplement un tableau auquel elle tenait beaucoup; lui désargenté, sans ressources, aimerait connaître la valeur de ce tableau. Lors de sa venue à la galerie, il croisera Marjorie Quick qui semble bouleversée à la vue de ce tableau: 2 jeunes femmes et un lion, dans un paysage couleur vert sombre.


Nous nous retrouvons alors en 1936 en Espagne ; une famille anglaise les Schloss vient de s’installer dans une finca aux alentours de Malaga. L’Espagne est agitée par les prémices de la guerre civile et dans les campagnes, les oppositions deviennent dramatiques, divisant les familles. Le père Harold Schloss d’origine autrichienne est un célèbre marchand d’art; la mère Sarah est magnifique mais dépressive. Olive, la fille de 18 ans, aurait préféré intégrer une école d’art ; elle se cache pour peindre car à cette époque, son père, (et combien d’autres avec lui), 
n’imagine pas qu’un grand peintre puisse être une femme ! Deux jeunes espagnols, Isaac et Teresa Roblès, vont participer à la vie de cette famille anglaise; Teresa aux tâches ménagères mais qui deviendra l’amie d’Olive, et Isaac, peintre « barbouilleur » dont la jeune fille deviendra amoureuse; de cet amour, naîtra toute la valeur créative d’Olive, toujours en cachette. Harold, enthousiasmé par un tableau d’Isaac, lui promet une reconnaissance internationale ; mais qui a peint ? Car Teresa est intervenue dans la présentation du tableau ! Peggy Guggenheim apparaîtra comme une « bienfaitrice » des artistes contemporains. Dans la solitude de sa chambre, Olive peindra encore, proposant à Isaac « le marché » de peindre pour lui, lui permettant ainsi de devenir riche, lui qui est emmêlé dans les débuts de la guerre civile, manquant cruellement de moyens.


Nous repassons en 1967. Tout en poursuivant une relation avec Lawrie, Odelle est intriguée par la réaction de Quick, bouleversée et par le jeune homme et par ce tableau qui attire l’attention d’un important galeriste. Elle va donc essayer de percer le secret de ce tableau. Pourquoi et comment est-il arrivé dans les mains de la mère de Lawrie ? Qui est cette femme dont le second mari n’est pas proche de son fils ? Toutefois, Quick semble semer des indices et des informations pour Odelle.
Nous retournons dans la vie à la finca andalouse, dans cette époque vraiment dure de l’Espagne ; nous revenons à Londres toujours autour du tableau. Je n’en dirai pas plus afin de ne pas divulguer l’intrigue pleine de tensions entre les allers-retours de ces deux périodes. Quant à la fin, peut-être un peu convenue ? et encore…
Les parcours d’Olive et Odelle ont ceux-ci de commun qu’à 2 périodes différentes et pour des motifs différents (l’une artiste femme à son époque ; l’autre noire plus près de nous et voulant écrire), elles ne peuvent s’adonner à leur passion. Odelle percera le secret de ce tableau, et ainsi se découvrira.


Un livre bien rythmé, une belle histoire de femmes avec une tension qui m’a tenue en haleine.

 

Par E.S.A

Je suis intéressé(e) par ce livre : je clique ici.

 

 

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