« La Daronne » de Hannelore Cayre aux éditions Anne-Marie Métailié

Si l’auteur de ce roman n’avait pas employé ce ton si truculent on aurait pu dire de ce livre qu’il était sombre et sans espoir. Mais cette avocate pénaliste sait nous faire rire des premières pages jusqu’aux dernières. La Daronne, le ton est donné dans le titre et le rythme vient tout de suite dans le récit de cette histoire loufoque. Mais pas seulement.

Patience Portefeux est une femme veuve mère de deux filles désormais indépendantes. Elle ouvre l’histoire en racontant son enfance, sa vie un peu chaotique qui l’emmène de son métier de traductrice de langue arabe dans les tribunaux, au chevet de sa mère vieillissante. L’auteur égratigne au passage les milieux de la justice et de la police, mais garde toujours ce ton incisif et drôle. Rien ne l’arrête, ni sa mère malade qui perd la tête en même temps que sa fille perd patience.

Ni la déontologie qu’elle semble oublier sans aucun scrupules. Le hasard l’amène à trouver une idée qu’elle va mettre en œuvre grâce aux écoutes qu’elle est chargée de traduire. En dire davantage gâcherait le plaisir de découvrir l’histoire.

Cette première lecture ne devrait cependant pas cacher ce qui sous-tend le roman. Accompagner une mère vieillissante, malade, au caractère impossible, et se retrouver confronté à des montagnes de problèmes d’ordre financier et moral. Se confronter avec une administration dont la logique finit par devenir inhumaine. Hériter d’une famille chahutée par l’histoire et qui réussit à s’en sortir d’une manière pas toujours recommandable. Avoir des rêves, celui de devenir collectionneuse de feux d’artifice, et finir traductrice d’une langue apprise dans son enfance. Vivre et travailler avec des gens en marge de la justice et de la société, et avancer sans trop savoir où finir.
L’avocate Hannelore Cayre connaît bien le milieu dont elle parle et cette justesse rend (malheureusement) crédible cette histoire. Rassurez vous on rit jusqu’au bout, et on s’attache à Patience Hortefeux dont l’imagination n’a d’égale que son esprit d’aventure.

Par Nathalie P.

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