« Innocence » de Eva Ionesco aux éditions Grasset

Je dois l’avouer, je ne connaissais pas vraiment la réalisatrice de « my little princess » et n’avais pas eu envie de lire « Eva » de Simon Liberati. Mais me voici devant ce livre « Innocence ». Innocence ? Oui, innocence volée, enfance piégée dans l’intolérable. Eva Ionesco nous parle donc de son enfance, petite enfance surtout puisque l’histoire se situe autour de ses 6/10 ans.

Cette petite fille vit avec son arrière-grand-mère dans une chambre « de bonne » de l’immeuble où vit sa mère Irène Ionesco. Celle-ci se vit en femme torturée, artiste incomprise malgré son appareil Nikon, cet appareil photo censé lui apporter l’aisance.

Souvent entretenue par des amants de passage… connaissant bien le milieu des prostituées (dont elle fit partie), on apprendra qu’elle est le fruit de l’inceste entre sa sœur (et donc sa mère) et son père ; vous suivez ! Cette mère/sœur vit aux Etats-Unis et accueillera un temps Eva l’enfant et la grand-mère. L’enfant rêve de son père, absent ou éloigné ? Quelle famille !!

Eva Ionesco nous raconte ainsi son enfance érotisée par les fantasmes de sa mère, jalouse de la beauté de sa fille ? Cette enfant aux boucles blondes, avec ses costumes et couronnes de princesses. Eva ose donc pour sa mère, le plus souvent nue, dans des positions suggestives et aguicheuses malgré son âge. Alternant des moments de révoltes vis-à-vis de cette mère et des moments de poses pour des magazines à scandales, voire pornographiques, qui est Eva ? un objet ? Maquillée , juchée sur de hauts talons, habillée de façon provocante, Eva l’enfant nous raconte et suit sa mère dans les boîtes de nuit, à la Coupole, en virée-shopping à Londres, à Ibiza l’été où les rencontres sont toujours à connotation sexuelle…. Milieux artistiques ? Et au milieu de cette vie , il y a une scolarité hachée.

En parallèle, Eva ne rêve que de son père Nicholas que sa mère empêche de voir ; est-il vraiment un espion ? Un sale nazi ? Elle attend qu’il vienne la chercher…

Les dialogues mère/fille sont souvent méchants, voire sordides, et c’est le déroulement d’une enfance plongée tôt dans la drogue, l’alcool, la perversité. Abandonnant vers la fin du livre, la relation malsaine avec sa mère, Eva Ionesco passe aux recherches sur son père, recherches entreprises près de la famille resté en Roumanie. Ses recherches sont faites aux côtés de son compagnon Simon Liberati, celui qui l’a sauvée de la drogue en particulier.
Histoire connue puisque l’auteur en a fait un film et son compagnon un livre. J’ai eu beaucoup de mal à croire que tous ces souvenirs , tant dans les dialogues que dans la réalité des faits, puissent être bien ceux d’une enfant de 6 ans, sans traumatisme excessif ! Des souvenirs d’adolescence oui…. La psychanalyse est passée par là.

Un livre au style parfois compliqué, un livre qui m’a dérangée même si je suis allée jusqu’au bout.

Par E.S.A

Je suis intéressé(e) par ce livre : je clique ici.

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