« Les Passeurs de livres de Daraya » de Delphine Minoui aux éditions Le Seuil

Ce livre n’est pas un roman, mais un documentaire remarquable, touchant. L’auteur m’avait beaucoup interpellée lors de son passage à la Grande Librairie. Et cette lecture s’est avérée être un grand moment.

Au cœur de la Syrie, Daraya ville martyre. Persuadé que cette ville est un repaire de terroristes affiliés à Daech ou Al Nostra, ou prêts à lui prendre son pouvoir, Bachar El Assad bombarde, affame Daraya pendant 4 ans, jour et nuit. Des morts, des exils… Dans ce champ de ruines, de jeunes Syriens (moyenne d’âge 23 ans) vont décider de construire une bibliothèque secrète pour eux et les habitants de la ville, ceux qui sont encore présents.

Ils vont fouiller les décombres, récupérer des milliers de livres, noter les noms des propriétaires (pour leur rendre à la fin de la guerre !) et les mettre à disposition de tous dans cette bibliothèque clandestine et souterraine. Ahmad, Omar, Ustez, Shadi et les autres, étudiants ou dans la vie active, vont faire de cette bibliothèque une lutte contre la guerre, une lutte pour continuer à vivre, faire des projets d’avenir. Au milieu des bombes, malgré la faim, certains s’inscrivent à des cours par correspondance, apprennent l’anglais, organisent des colloques… Tous ces livres sont arabes, européens, américains, peu importe ce sont des livres.

Cette idée est venue d’un étudiant, Ahmad qui a créé un pont virtuel de conversations Internet avec Delphine Minoui, jeune française reporter installée en Turquie. Les conversations entre ces jeunes et l’auteur sont souvent coupées lors de bombardements violents, mais le contact reprend vite. Tout cela est possible grâce à Skype, Whatsapp et autres réseaux sociaux qui permettent de rester connectés. Ces jeunes enverront également un message de soutien à la France lors de l’attentat du Bataclan, bel exemple de solidarité alors qu’eux sont délaissés, livrés à eux-mêmes sous les décombres… La communauté internationale n’est guère présente !! Et pourtant quelle vie intense dans cette ville assiégée.

Les chapitres sont courts, et nous interpellent. Après plusieurs années de résistance, la ville sera évacuée en 2016, laissant un champ de ruines car détruite à 90% ; les jeunes prendront divers chemins de vie.

Quel beau travail que celui de Delphine Minoui. A travers les jeunes passeurs syriens de livres, elle est aussi passeuse de livres de Daraya; à notre tour d’être des passeurs de livres, ces livres synonymes de liberté, de tolérance dans toute culture, d’ouverture vers les autres. A nous d’essayer de faire passer notre amour des livres; donnons ce livre aux jeunes pour leur faire découvrir la lecture, les livres moyen de liberté.

A LIRE ABSOLUMENT,

Par E.S.A.

Je suis intéressé(e) par ce livre : je clique ici.

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