« Jours barbares » de William Finnegan aux éditions du Sous-Sol

Quelle belle aventure nous fait vivre William Finnegan dans ce roman autobiographique. Si le surf a été le fil conducteur de sa vie, amenant cette passion à une forme d’addiction, il a été aussi une ouverture sur le monde que les talents de » raconteur » de l’écrivain ont su transcrire sur des carnets de notes, toujours présents dans sa vie. Le surf serait presque un prétexte pour devenir ce qui l’a autant passionné : la lecture et le récit de ce qu’il va voir dans ses voyages.

Jours barbares est donc d’abord, surtout, essentiellement un livre sur le surf. Un lexique à la fin du livre nous permet de comprendre ce monde, et l’auteur nous emporte dans sa passion, nous en explique ses raisons, ses dangers, ses addictions, et ses instants magiques. La construction du livre est simple puisqu’elle exprime par chapitre les tranches de vie successives, racontant Honolulu, la Californie, le Pacifique sud, l’Australie, l’Afrique, San Francisco et Madère pour finir à New-York. Ses choix se feront forcément au détriment de sa famille et d’une certaine sécurité de vie. Le mot sécurité est en fait absent de sa vie, il n’a pas de plan de carrière, et voyage au gré des vagues.

Si ce livre n’était que cela, il serait abandonné à mi parcours. L’autre objet qui ne le quittera jamais de sa vie, c’est le livre, et la passion qu’il a pour l’écriture. Partout il prendra des notes sur ce qu’il voit, sur les pays qu’il découvre, les gens qu’il rencontre, et dès le premier chapitre, on s’attache à ces récits qui nous apprennent autant sur les civilisations que sur les méthodes pour trouver les Pointbreak. Il ne porte aucun jugement, sans rester insensible à l’injustice. C’est en Afrique du sud, au moment de l’Apartheid, qu’il va décider de devenir reporter de guerre. Il va même y travailler comme enseignant, de quoi il ne le savait pas lui-même, avec comme seul bagage son surf et ses tongs au pied. Il n’appréhende rien, reste toujours en contact avec sa famille, continue d’affronter les dangers qui auraient pu le tuer presque à chaque page.

Et il s’installe à New-York avec sa femme, fonde une famille, travaille comme journaliste, et de temps en temps s’échappe à Montauk.  » Il était rare que j’accorde une pensée sérieuse à mon âge. Il semblait que j’étais incapable de laisser passer une occasion de prendre une grosse vague. S’agissait-il pour moi d’une manière de faire mon deuil, de tromper la mort ? Je n’en croyais rien. J’ai enfilé deux tubes aussi longs et profonds que tous ceux que j’avais su prendre en plus de trente ans de surf… La promiscuité avec tant de beauté… non c’était mieux que la côtoyer, c’était s’immerger en elle, être transpercé par elle. Tous les dangers n’étaient que des notes en bas de page. »

Par Nathalie P.

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