« Tous Les Hommes Du Roi » de Robert Penn Warren aux éditions Monsieur Toussaint Louverture

Si la densité du récit peut quelquefois amener à en abandonner la lecture, surtout ne lâchez pas. Ce roman est fort par ses personnages, son histoire, et tous les mécanismes qui les relient. Histoire de l’ascension politique de Willie Stark racontée par Jack Burden, narrateur et aussi assistant du Boss. Cette ambiguïté est troublante tout au long du récit mais elle permet d’entrer dans les âmes de ceux dont on ne voit qu’une face.

Willie Stark est ce « plouc » qui ne lâche pas ce qu’il attrape. Il gravit les échelons de la société pour finir comme gouverneur de Louisiane, toujours avec le même objectif : servir le peuple, celui qu’on a oublié, en construisant des écoles et un hôpital. « Pour chaque grand homme de pouvoir, il y a un premier cercle, un chœur de femmes et d’hommes là seulement pour exécuter la volonté du monarque, que ce soit en bien ou en mal. » Jack Burden sera donc son ami, secrétaire, homme de main, enquêteur, maître-chanteur, celui qui est au centre. Il est aussi celui qui raconte l’histoire, et ce détachement nous fait comprendre le mécanisme psychologique de cet homme, lui-même impliqué dans l’histoire, et amené à prendre des décisions qui vont changer sa vie et celle des autres.

L’obsession de la quête de la vérité dont il est investi va révéler à chaque page une rancœur, une vieille rivalité, une tare de famille, une dette oubliée sur chaque personnage. Comme si inexorablement le mal se trouvait partout chez tout le monde. Les méthodes employées par Jack Burden vont de la corruption au chantage, et la virtuosité verbale de Robert Penn Warren trouve dans le roman une place de choix. Pourtant on s’attache aux personnages, parce que malgré tout, le Boss accomplit des œuvres sociales. L’auteur s’est d’ailleurs inspiré d’un personnage réel, Huey Pierce Long qui de 1893 à 1935, populiste radical de Louisiane qu’il a eu l’occasion d’observer quand il enseignait à Bâton Rouge.

Le texte ensorcelant est minutieux et la construction dramatique du roman font de ce livre un chef d’œuvre, à l’image de l’auteur encensé par trois prix Pulitzer.

par Nathalie P.

Je suis intéressé(e) par ce livre : je clique ici.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s