« Les inconsolés » de Minh Tran Huy aux éditions Actes Sud

Voici un conte noir du XXI ème siècle ! un condensé de belle histoire de fées bienveillantes, de marâtres, de prince charmant aux allures de polar.
L’histoire commence près du lac d’un vieux château célèbre par sa dame qui y vécu dans un temps ancien : ayant perdu son jeune époux à la guerre, elle fut inconsolable et, dans sa chambre tendue de noir, elle pleurait et remplissait moultes flacons de ses larmes…
Dans ce lac, un soir on y immerge un corps… « En se penchant, on pouvait deviner tout au fond une silhouette enveloppée d’un drap et lestée de deux blocs de pierre, l’un orné d’initiales entrelacées et l’autre d’une colombe. Motifs effrités, rongés par le temps. Dans quelques semaines, six mois, un an peut-être, il en serait de même pour le corps. Il se décomposerait jusqu’à se dissoudre dans le paysage qui lui tenait lieu de tombe-eaux noires piquées de roseaux où voletaient des libellules, nénuphars abritant poissons, rainettes qui coassaient doucement entre les aulnes, grillons chantant sans le savoir une oraison funèbre, dissimulés dans les hautes herbes du parc. Nul ne viendrait se recueillir au bord du lac en souvenir, à part peut-être l’homme sur la berge qui fixait depuis quelques minutes l’endroit où avait sombré la dépouille, tout de blanc vêtue, qu’il avait déposée à la façon d’une offrande plutôt que d’un fardeau. »
Le « vilain petit canard » Lise est une continuellement torturée, harcelée mentalement par sa mère… elle se voit laide. Elle est d’une famille franco-vietnamienne dont les racines ont quelque peu disparues.
Le « prince charmant », Louis, est issu d’une famille de la haute bourgeoisie, grand appartement parisien, maison de vacances en Normandie… il est de ceux qui réusssissent, c ‘est inné…
Ils sont très épris l’un de l’autre et ne peuvent vivre éloignés. Mais la vie est si cruelle… la forteresse sociale dans laquelle Lise essaie de rentrer va laminer peu à peu ce bel amour.
Ce récit, magnifiquement écrit, oscille entre passé et présent : les personnages secondaires sont une menace sous-jacente permanente. Ils les grignotent ces oiseaux de mauvaise augure.
Un si beau conte !!!!

par MAG

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