« Leçons De La Shoah » de Gérard Rabinovitch aux éditions Canopé

La France n’échappe pas aux vagues actuelles et récurrentes d’antisémitisme en Europe. De 311 en 2017, les actes antisémites ont bondi à 541 en 2018, soit une hausse de 74%. Même la paisible ville de Vannes a vu surgir il y a peu sur l’un de ses murs une inscription haineuse et menaçante d’une rare bassesse et violence à l’encontre de la romancière Christine Angot venue donner une conférence à l’invitation de la ville morbihannaise pour le festival « Les émancipées » en mars dernier. Pourquoi l’antisémitisme garde-t-il autant de vigueur depuis des siècles et en tout lieu de la planète ? Un tout petit livre d’un peu plus de 100 pages, à vocation pédagogique, nous en donne l’explication historique et nous fournit des réponses claires et édifiantes, qu’elles soient religieuses, politiques ou sociales.

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« Léonard de Vinci anatomiste » de Marin Clayton et Ron Philo aux éditions Actes Sud

Il y a cinq cents ans, le 2 mai 1519 précisément, Léonard de Vinci mourait à l’âge de 67 ans au manoir de Cloux, aujourd’hui château du Clos-Lucé à Amboise, dans les bras de François Ier, si l’on en croit la scène de son trépas peinte par le romantique Ingres. Avec lui c’est un immense artiste et homme de science de la Renaissance qui disparaissait. Léonard avait marqué son temps par le génie de sa peinture. Si l’on savait aussi son intérêt profond pour les études scientifiques en matière d’architecture, d’optique, de géologie, de botanique, d’hydrodynamique, connaissait-on, en son temps, avec autant d’évidence, les travaux qu’il développa sur l’anatomie humaine ? A vrai dire, rares étaient ses contemporains qui avaient eu connaissance de ses descriptions détaillées du corps humain. Ce n’est qu’aux XIXe et XXe siècles que l’on s’est penché vraiment sur ses milliers de dessins et de croquis : autant de travaux et de recherches qui ont occupé la dernière décennie de la vie de Léonard, beaucoup plus que ses peintures qu’il se contentait alors de reprendre et retoucher.

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« Vie entre parenthèses » de Antonio Otero Seco aux éditions Folle avoine

Antonio Otero Seco fut un journaliste républicain espagnol, condamné à mort par le régime franquiste à la fin de la guerre civile de 1936-1939, peine commuée en condamnation à 30 ans de prison puis en liberté surveillée avec interdiction d’exercer son activité de journaliste et d’écrivain. Entré en clandestinité, il finira par s’échapper d’Espagne en 1947 pour se retrouver à Paris au sein de l’Association des Journalistes Espagnols exilés. En 1952, don Antonio, comme l’appelleront affectueusement ses collègues enseignants et ses étudiants, sera nommé lecteur d’espagnol à la Faculté des Lettres de Rennes. Il le restera jusqu’à son décès en 1970 sans avoir revu sa chère Espagne, libérée tardivement du franquisme, en 1975. C’est en 1952 également que la revue de Jean-Paul Sartre, Les Temps modernes, publiera son récit intitulé « Dans les prisons d’Espagne et dans la clandestinité ». Un récit qui fait écho à un autre texte, poignant, que viennent de publier les Editions Folle Avoine, dans une belle et inédite traduction d’Albert Bensoussan, son proche et fidèle ami de l’université rennaise, sous le titre de « Vie entre parenthèses ». Lire la suite

« Sérotonine » de Michel Houellebecq aux éditions Flammarion

« C’est un petit comprimé blanc, ovale, sécable », le captorix, régulateur du taux de sérotonine, qui va tenter de rendre à peu près vivable l’existence de Florent-Claude Labrouste, ingénieur agronome, sujet « inapte au bonheur » et homme inconsolable d’avoir perdu les amours de sa vie, successivement Yuzu, Claire, Kate et Camille. Le personnage, dans une déambulation professionnelle et affective allant de Paris à la Normandie en passant par l’Espagne va traîner son ennui, sa solitude et sa tristesse dans le sombre souvenir de ses aventures et échecs sentimentaux.

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« Lettre ouverte au grand-père capitaine » de Jacques Josse aux éditions Le Realgar

Beaucoup des livres de Jacques Josse font revivre le pays et les personnages de son enfance. Ses deux derniers textes, parus au printemps et à l’automne 2018, sont de ceux-là : Débarqué nous parle magnifiquement de la figure d’un père à tout jamais arraché au rêve d’être marin, et la Lettre ouverte au grand-père capitaine ressuscite tendrement la figure d’un aïeul qui déroula sa vie à bord de navires océaniques. Ces deux textes se rejoignent avec bonheur et avivent plus encore l’émotion du lecteur.


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« Frère d’âme » de David Diop aux éditions Le Seuil

Le centenaire du premier conflit mondial a fait naître beaucoup de romans francophones. En 2013, c’est Pierre Lemaître qui ouvrait le feu, si l’on ose dire, avec Au revoir les enfants, haletant roman d’un écrivain qui s’était frotté jusqu’alors au roman policier. Les jurés du Goncourt l’avaient couronné en 2013. Un autre Goncourt a auréolé lui aussi en 2018 un roman inspiré par la guerre de 1914-1918. Mais les jurés étaient cette fois les lycéens séduits par un texte tout à fait original, Frère d’âme de David Diop, un court et beau récit qui fait parler un acteur du conflit qu’on n’a pas l’habitude de voir et entendre en ces circonstances, l’un des 135000 tirailleurs sénégalais venus combattre en France, nommé Alfa Ndiaye, simple soldat arrivé d’Afrique et plongé dans les horreurs de la guerre aux côtés de Mademba, « son plus que frère, son ami d’enfance ».

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« La passagère du vent » de Alonso Cueto aux éditions Gallimard

La guérilla entre le mouvement communiste du Sentier lumineux (El sendero luminoso) et l’armée régulière péruvienne déchira le Pérou dans les années 1980 et 1990. La pugnacité et la barbarie sans limites des deux camps firent 70000 victimes dans la population du pays. La paix, relative, est revenue à présent, mais la douleur de ces années de feu et de sang, de tortures et d’assassinats commis de part et d’autre, reste vive dans la mémoire collective, une douleur vécue autant par les militaires que par les populations civiles aisées des grandes villes, à Lima en particulier, et les populations paysannes, pauvres et éloignées, des montagnes andines. Alonso Cueto, romancier péruvien, ami du grand Mario Vargas Llosa, s’est attaché à nous montrer la réalité de cet « après-guérilla » à travers une trilogie intitulée Rédemption dont deux volumes ont été déjà traduits en français : Avant l’aube (en 2007), et La passagère du vent (en 2018). Un troisième volume, La pasajera, attend encore d’être accessible aux lecteurs francophones. Lire la suite

« La guerre des pauvres » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

L’Histoire est la matière des livres d’Eric Vuillard, entendons l’Histoire des peuples et de ses révoltes, celles des miséreux, pauvres et meurt-de-faim, paysans, ouvriers et manants, ceux-là que les rois et monarques pressurent et asphyxient de leur pouvoir absolutiste et économique, avec la gabelle, la taille ou la corvée. La France voit ainsi se soulever les Bonnets rouges de Bretagne ou de Bourgogne, les Tars Avisés du Bas Limousin et du Quercy, les Pitauds d’Angoumois et de Saintonge, les Croquants du Périgord. À l’extérieur du Royaume de France, à ses frontières ou presque, d’autres révoltes sont apparues, innombrables. L’une d’elles fut la guerre des paysans allemands, en 1525, d’abord d’origine religieuse puis économique et politique. C’est à cette révolte-là que s’est intéressé Éric Vuillard qui en a fait le sujet de son dernier livre, La guerre des pauvres , avec cette manière bien à lui, vive, nerveuse, puissante, sans apprêts ni temps morts, sobre et captivante.

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« Berlin, 1933 : la presse internationale face à Hitler » de Daniel Schneidermann aux éditions Le Seuil

« Pourquoi n’ont-ils rien dit ? » : le bandeau rouge qui barre la couverture du livre de Daniel Schneidermann, « Berlin, 1933 : la presse internationale face à Hitler » pose la question brutalement et interpelle. Tout au long des 450 pages très documentées de son ouvrage, Daniel Schneidermann va détailler et analyser, citations multiples à l’appui, les écrits, faits et gestes de ces correspondants de la presse occidentale, anglo-saxons et français, le plus souvent en poste à Berlin, témoins de l’ascension et de la violence du nazisme et de l’inexorable et effroyable marée montante de l’antisémitisme pendant les années 30.

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« Délivrez-vous ! Les promesses du livre à l’ère numérique » de Paul Vacca aux éditions L’Observatoire

« 1984 », « Le Meilleur des mondes », « Fahrenheit 451 », glaçantes dystopies, ou « utopies détraquées » selon Paul Vacca, annonçaient à leur manière la mort du livre. Science-fiction ? Est-ce si sûr ? La disparition du livre est-elle programmée, du moins celui qui est fait de l’antique papier, au moment où le numérique ne cesse d’étendre sa toile ? Les envahissants écrans sont-ils en passe de tuer le livre traditionnel ? C’est la crainte de Paul Vacca qu’il développe dans un court et vivifiant essai : « Délivrez-vous ! Les promesses du livre à l’ère du numérique ».

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