« Nous serons des héros » de Brigitte Giraud

9782234077591

« Nous serons des héros » de Brigitte Giraud chez Stock

« Olivio avait huit ans, quand un soir, sa mère, poussée par la mort de son mari (emprisonné par la dictature de Salazar), décide de quitter le Portugal. Le petit garçon ne comprend pas bien pourquoi il doit quitter son pays, mais il se contente de câliner son nouvel ami, Océano. Fuyant cette dictature, la mère et le fils (et le chat) arrivent dans une banlieue Lyonnaise, construite à la hâte pour pouvoir accueillir les revenants de l’Algérie ainsi que les exilés des dictatures de l’Europe du Sud. Au gré des jours, la petite famille devra s’intégrer à ce nouveau pays, apprendre la langue, trouver un travail, aller vers les gens.
Alors que sa mère rencontre Max, un rapatrié algérien, Olivio fait la connaissance d’Ahmed, immigré d’Algérie. Olivio grandit dans la maison de Max, un beau-père qui ne s’occupe que de son propre fils, né d’un précédent mariage. Un beau-père qui relègue Olivio dans une petite chambre sous le toit et Océano dans le jardin. Qui ne tient pas ses promesses, parle fort, s’emporte facilement, boit beaucoup…
Avec « Nous serons des héros », Brigitte Giraud nous transporte dans le temps, dans une période assez méconnue (pour moi) ou l’on passe de la fuite d’une dictature à l’insertion dans un autre pays, des souvenirs d’un père à la conquête d’un autre. L’écriture est très agréable et douce, on se glisse sans problème dans la peau d’Olivio. N’hésitez pas !
 »

Pierre-Emmanuel S.

« Courrier des tranchées » de Stefan Brijs

9782350873268

Courrier des tranchées, Stefan Brijs, Héloïse d’Ormesson

Courrier des tranchées, c’est l’histoire de deux jeunes frères de cœur londoniens que tout oppose durant le grand conflit de la première guerre mondiale. Il y a d’un côté, John Patterson, fils unique d’un facteur londonien féru de littérature qui refuse de s’engager dans l’armée pour pouvoir aller jusqu’au bout de ses études de lettres ce qui a choqué l’effervescence populaire ainsi que ses amis.
De l’autre côté, il y a Martin Bromley, fils d’une famille populaire qui cherche coûte que coûte à s’enrôler dans cette guerre qu’il ne connait pas. Malheureusement, le destin en décidera autrement, le jour ou John découvre parmi les courriers de son défunt père, une lettre de l’armée annonçant la mort sur le champ de bataille de son ami et frère Martin. Mais que dire à la mère de Martin qu’il voit régulièrement, John se mure dans un silence et dans le mensonge. C’est après la mort de son père et la vente de la collection de livres anciens de celui-ci, que John, désespéré, décide de s’enrôler dans l’armée en tant qu’aide de camps d’un officier anglais. Durant cette période, il se lancera dans la correspondance avec la mère de Martin, une fois sous son propre prénom, puis sous le prénom de Martin pour donner de l’espoir à cette mère qui attend depuis si longtemps des nouvelles de son fils. Débute alors le cercle infernal pour John, car, il ne s’arrêtera pas à une seule lettre et pas à un seul homme. Il continuera d’envoyer des cartes aux proches de plusieurs soldats morts sur le champ.
On pourrait se dire, encore un roman sur la première guerre mondiale. Mais non, car l’auteur nous transporte dans cette guerre à travers deux personnages que tout oppose mais qui sont au final très attachant. John plutôt discret et engagé dans la recherche de vérité sur le conflit et Martin plutôt brute qui a la volonté de défendre son pays. L’écriture permet une lecture fluide et très agréable de ce roman (tout de même 600 pages) qui passe à toute vitesse. On se sent spectateur, entre l’exaltation de la guerre et son effroyable vérité. Cette période, la description, ainsi que la mise en situation de l’avant et pendant le conflit est réelle. On reste captivé !

Pierre-Emmanuel

« La révolution des cierges » de Olga Lossky

9782070127689

La révolution des cierges de Olga Lossky chez Olga Lossky

« La révolution des cierges, c’est l’histoire d’une icône, la descente aux enfers du christ, qui au fil des années a traversé toute la Russie pour finir vendue à Anvers fin du 20ème siècle. A travers ce roman, nous sommes plongés dans deux histoires, celle du moine Grégoire, créateur d’icône au monastère Saint Andronic, au temps de la révolution Bolchévique de 1917, et Nadejda Ignatievna qui attend le retour de son fils parti au combat. Au travers des pages, nous nous retrouvons confrontés à l’Histoire de la Russie, à ces ouvriers qui tentent de survivre malgré la pauvreté, aux révoltes dans les usines et contre le pouvoir, à ces familles déchirés entre la religion, l’argent et la tradition, et à l’espoir que cherche à donner le clergé.
La révolution des cierges est un très bon roman qui permet de comprendre et de voir l’évolution des mentalités lors d’une période méconnue. La notion de pauvreté et de survie est ici bien décrite mais c’est surtout la transition d’une vie en communauté et la recherche des coupables à cette pauvreté qui frappe le lecteur. Bienvenue à Moscou en 1917 ! »

Pierre-Emmanuel S.

« Le cœur à la craie » de Daniel Picouly

9782253115670

« Le cœur à la craie » de Daniel Picouly chez LGF

« Vous souvenez-vous de votre premier coup de foudre ? C’est un peu le fil rouge de ce roman de Daniel Picouly. L’histoire, c’est celle de deux jeunes enfants, le narrateur et son ami Bonbec, de l’est parisien des années 50 et plus exactement Villemomble. Leurs objectifs, c’est d’attraper un coup de foudre. Et à neuf ans et demi, cela devient urgent car il (le narrateur) veut battre le record détenu par son père, imbattable depuis maintenant 28 ans. Pour y arriver, les deux copains peuvent compter l’un sur l’autre pour trouver leur première « poule ». Et les « poules », Bonbec il y connait un rayon, il en a une et il l’embrasse tous les jours sous la passerelle du train… Mais attraper le coup de foudre se révèle compliqué ; journée d’école avec le maître Mr Brulé, entendre les conseils de la Mam qui sont omniprésent dans son esprit et enfin, récolter les vieux Paris Match pour sa « collec » ; au final les journées sont bien remplies !
Avec le cœur à la craie, Daniel Picouly nous transporte dans cette enfance, remplie de petites anecdotes, parfois embellie, auxquelles chacun peut se reconnaitre : la construction d’un vaisseau spatial, la vendetta contre le médecin scolaire et ses piqûres, l’admiration pour la belle infirmière de l’école qui soigne avec sa beauté, les petits bobos quotidiens.
Un bon roman, avec une écriture inventive, drôle, souvent tendre qui nous plonge dans notre propre enfance. »

Pierre-Emmanuel S.

« La vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

9782877068635

« La vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker chez De Fallois

« « Ce sont vos échecs qui donneront toute leur saveur à vos victoires. »
C’est l’histoire de Marcus Goldman, jeune écrivain « talentueux » qui après avoir sorti un premier roman qui a connu un grand succès au Etats Unis, est en panne d’idée pour le second, le fameux « syndrome de la page blanche ». Pour échapper à son agent et à son éditeur qui le pressent, mais surtout à lui-même, il décide de partir, de prendre des vacances pour se retrouver et trouver L’idée. De retour à New York, il prend la décision de retourner aux sources de son succès : Harry Québert, son mentor, son ancien professeur mais surtout son seul ami, qu’il a « mis de côté » depuis son succès.
Il quitte son monde « blingbling » pour Aurora, petit village du Nord des Etats Unis. Quelques jours après son arrivée chez son ami, une terrible nouvelle va venir bouleverser le court de l’histoire : le jardinier d’Harry Quebert à découvert dans le jardin un cadavre, vieux de plusieurs années. Le cadavre d’une jeune fille portée disparue depuis plus de 30 ans, NOLA.
A partir de ce moment, commence l’histoire non plus de Marcus mais celle d’Harry. Accusé du meurtre de NOLA, Marcus se met en tête de prouver son innocence par tous les moyens, et, quoi de mieux que d’écrire La véritable histoire de Harry Québert. De découverte sordide en rebondissement joyeux, l’auteur nous embarque dans une enquête aux fins fonds de l’Amérique.

Toute la complexité du roman se trouve dans la façon dont est racontée l’histoire, d’abord sur la vie d’un auteur en manque d’inspiration, puis sur l’enquête au présent mélangé au souvenir des habitants de Aurora en 1975, puis enfin le dénouement de l’affaire par la sortie du deuxième livre de Marcus, l’homme qui valait 1 millions de dollars. Enfin pour compliquer le tout, les chapitres sont inversés, on raconte la fin de l’histoire (la mort de Nola) pour revenir au commencement, en 1975. Il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil, mais l’intrigue est telle que cela ne pose aucun problème.
Ce roman est tout simplement passionnant. On est tenu en haleine tout le long, on peut même s’amuser à noter nos éventuels coupables, recouper les témoignages, on est au cœur de l’enquête. Un bon roman, avec un style très abordable (quelque fois un peu plat) mais qui nous fait passer un bon moment. »

Pierre-Emmanuel S.

« Fleur de tonnerre » de Jean Teulé

9782266244466 x290

Hélène Jégado surnommée « Fleur de Tonnerre » par sa mère, bretonne jusqu’au bout des ongles, tue, empoisonne tous ceux qui croisent sa (folle !) route, sans distinction d’âge, de sexe ou de condition sociale. Elle est investie d’un rôle, d’une « mission » et use l’arsenic avec brio.

Au fil de ces 200 pages, vous vous plongez dans une excellente reconstitution romancée de la Bretagne d’antan, de ces mythes (l’Ankou), de son indépendantisme et de la culture catholique mélangée avec les « croyances » de la Basse-Bretagne. Avec humour l’auteur nous entraîne sans difficulté dans cette « danse de la Mort » et dans une romance issue d’une réalité. Breton que je suis, on notera le fil conducteur, la présence de deux perruquiers normand, à la recherche de la fortune mais qui ne récolteront que des « infortunes ».

Bonne lecture

Pierre-Emmanuel S.

« Fleur de tonnerre », Jean Teulé, Pocket