« Les dames de Kimoto » de Sawako Ariyoshi aux éditions Folio

Voici une fresque familiale qui s’échelonne du XIXème siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale.
Les Kimoto sont une famille ancienne aisée dont les 2 figures représentatives sont la grand-mère Toyono, 76 ans et sa petite-fille, Hana, 20 ans.
Hana, élevée par sa grand-mère dans la tradition est à l’âge où l’on se marie ; Un prétendant est désigné et choisit par la famille, c’est ainsi…
Hana est une jeune femme cultivée : elle a reçu une éducation ménagère (bien sûr) et aussi artistique.
Devenue mère, elle sera déçue par le côté revendicatif et moderne de sa fille qui rejette tout ce qui touche à la tradition, elle se retrouvera un peu dans sa petite-fille… mais le temps n’est plus au Japon d’antan.
Un récit très intéressant sur le poids des traditions, l’évolution de la femme, sa libération, le poids des superstitions, le masochisme …
Le côté suranné est délicatement Lire la suite

« Le phare, voyage immobile » de Paolo Rumiz aux éditions Folio

Paolo Rumiz est un poète.
Il part, loin de tout, la-bàs, sur ce petit bout de caillou de 1km de long sur 200 mètres de large au milieu de la Méditerranée. Il s’installe dans un phare entouré des veilleurs avec lesquels il échange des recettes, des découvertes sur la faune et la flore, le ciel, les vents…
Un très beau récit dont voici un extrait :
De même que le vent du nord, le grécale qui souffle du nord-est, vous exalte, il lave l’âme et nettoie les pensées. On le comprend rien qu’à son nom. Mais le levantazzo, ce vent humide et infâme est une lamentation, une migration d’âmes mortes, il vous pousse dans les cavernes inexplorées de votre for intérieur, il vous donne le sentiment de n’être qu’un misérable rien du tout face à l’immensité de la nature. Sur l’île, je me trouve peut-être devant cette chose qu’on cherche à tout prix à nous cacher et qui pourrait Lire la suite

« Par les routes » de Sylvain Prudhomme aux éditions Gallimard

« Vivre, c’est maintenir entier le petit nuage que nous formons, malgré le temps qui passe.
Saviez-vous qu’il existait un livre sur la façon de faire du STOP :
« Guide pratique et humoristique de l’auto-stoppeur » Texte d’Yves Bergès, dessins de Sempé et l’exergue savoureux « A la SNC, en témoignage d’estime et de sympathie
« Par les routes » est l’histoire des retrouvailles de Sacha, le narrateur, et de son ancien co-locataire « l’auto-stoppeur » qu’il n’a pas revu depuis une vingtaine d’années.
Sacha, écrivain, décide un jour de partir s’installer dans le sud-est de la France, là où vit son ancien acolyte avec sa jeune femme Marie et leur petit garçon Agustin.
Sacha désire retisser les liens mais il découvre Lire la suite

« Les inconsolés » de Minh Tran Huy aux éditions Actes Sud

Voici un conte noir du XXI ème siècle ! un condensé de belle histoire de fées bienveillantes, de marâtres, de prince charmant aux allures de polar.
L’histoire commence près du lac d’un vieux château célèbre par sa dame qui y vécu dans un temps ancien : ayant perdu son jeune époux à la guerre, elle fut inconsolable et, dans sa chambre tendue de noir, elle pleurait et remplissait moultes flacons de ses larmes…
Dans ce lac, un soir on y immerge un corps… « En se penchant, on pouvait deviner tout au fond une silhouette enveloppée d’un drap et lestée de deux blocs de pierre, l’un orné d’initiales entrelacées et l’autre d’une colombe. Motifs effrités, rongés par le temps. Dans quelques semaines, six mois, un an peut-être, il en serait de même pour le corps. Il se décomposerait jusqu’à se dissoudre dans le paysage qui lui tenait lieu de tombe-eaux noires piquées de roseaux où voletaient des Lire la suite

« Propriété privée » de Julia Deck aux éditions de Minuit

« Quand un couple de bobo-parisiens décident de se mettre au vert !

Evidemment, ils investissent dans un quartier chic avec pavillon genre éco-lodge construit dans un lotissement très privé avec impasse pour espérer rester entre gens de bonne compagnie.

Mais… c’est là que le rêve ne rejoint pas la réalité : des finitions bâclées, des murs non phoniques, des commérages sur tout un chacun, des voisins bruyants et… la mort d’un chat !

Le récit prend des tournures inattendues car les voisins sont quand même bougrement cocasses. La tension monte.

Un récit drôle, enlevé, très caustique racontée par l’héroïne plutôt pince sans rire.

Un récit actuel

« Je connaissais les microshorts d’Annabelle. Elle en possédait toute une collection, qu’elle assortissait avec des talons compensés quand elle avait flairé le gogo à l’agence. J’avais également noté à quel point les microshorts confèrent de l’esprit à celles qui les portent et combien les auditeurs les créditent soudain d’une verve insoupçonnée ».

par MAG

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« Cora dans la spirale » de Vincent Message aux éditions du Seuil

« Un gros coup de coeur !

Une jeune femme dévorée par une société de l’image, du résultat, du bon cadre…

Une jeune femme passionnée de photos humanistes se retrouve dans le service marketing d’une société d’assurance : bureau open-space, 27éme étage, la Défense.

Une jeune femme pleine d’envies se retrouve coincée par un prêt immobilier incluant l’achat d’un pavillon de banlieue et les heures de transports, pour accéder à son travail, qui vont avec.

Une jeune femme qui a la vie devant elle se retrouve ligotée entre son mari, le bébé, la nounou, les courses… et le temps qui file, qui file… plus de rêves, plus de décompressions…

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« Nuage rouge » de Christian Gailly aux éditions Minuit

« Paru en 2000, ce roman a obtenu le prix France Culture.

Sur une route de campagne, un homme croise la voiture de son ami Lucien, grand amateur de la gent féminine, mais c’est une jeune femme au visage ensanglanté qui est au volant ! du rouge.

Une intuition lui fait craindre le pire et il part à la recherche de l’absent qu’il retrouve dans la clairière : son lieu de prédilection pour emmener et essayer de conclure avec toutes ses conquêtes. L’ami est tailladé, sanglant : là aussi, beaucoup de rouge !

Revenu d’entre les morts, Lucien demande instamment à son ami de retrouver la jeune femme qui s’appelle Rebecca Lodge, veuve inconsolable de son beau capitaine au long cours et résidant au Danemark : s’ensuit un voyage à Copenhague pour la retrouver… et après….

Un style minimaliste très efficace; en fait, l’auteur emmène le lecteur où il veut qu’on aille et, on va de revirement en revirement.

Cristian Gailly est mort en 2013.

A découvrir ou re-découvir (belles éditions de Minuit)

par MAG

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« Les mangeurs d’argile » de Peter Farris aux éditions Gallmeister

«  »Gallmeister » » encore et toujours.

Nous sommes en Géorgie, cette fois-ci où l’action se situe dans un ranch entouré d’immenses terrains de chasse où pullulent les cerfs hémione, les pronghorns, les dindes sauvages, écureuils…

Là-bas aux U.S.A,on offre un premier fusil à son fils pour ses 10 ans voire ses 8 ans : c’est le culte de la chasse ! et évidemment, on n’oublie pas la canne à pêche avec tous ses leurres.

L’histoire est celle d’un adolescent dont le père vient de mourir en tombant du mirador qu’il finissait de construire pour son fils. Accident ou meurtre…

Tout l’Amérique profonde est là : grands espaces bien sûr mais aussi prédicateurs usurpateurs, banquiers et promoteurs sans scrupules, policiers corrompus, vétérans de la guerre allumés..

Il est vrai que le trait est parfois sur-écrit mais pour les amoureux de la nature, on passe un bon moment car le suspens est présent.

par MAG

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« L’absolue perfection du crime » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

Nous voilà plongés dans un bon vieux film des années 60 : « Touchez pas au grisbi », « Les tontons flingueurs »…

Une bande de « bras cassés ». Marin en est le chef. Il est entouré par Andrei plutôt falot et par Pierre, jeune caïd de la banlieue brestoise… Tous sont chapeautés par « l’oncle » qui n’a rien d’un oncle mais plutôt d’un vieux « parrain » sur le retour. C’est « la famille ».

Leur prochain coup, c’est le casino.

« Nous, peut-être on était des caïds, peut-être quelque chose sur nos visages faisait peur à voir et peut-être dans la ville, un temps on a eu peur de nous, de nos arnaques bien faites, de nos vestes noires, peut-être on aurait pu continuer de tourner en voiture dans les quartiers sombres, de prendre l’argent dans les sales mains, mais c’est sûr, le casino, tout ce qu’on avait à faire, c’était de passer devant la porte en baissant la tête.

Et tout le livre est d’une subtilité inouïe: la description de la rade, de l’appartement de Marin, de sa voiture et les personnages sont haut en couleur.

C’est peut-être « l’absolue perfection du crime », « mais surtout l’absolue perfection du style.

Un pur régal.

par MAG

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« Insoupçonnable » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

« Alors il y a cela de curieux et de mathématiques dans le désir des hommes que la résistance au lieu de rabattre l’ambition la fait plus grande encore… »

Tanguy Viel et cette écriture si belle, si pointue, si fine… j’aime !

C’est l’histoire d’une jeune femme qui sert d’appât et finit par se faire épouser par son soupirant, un vieux monsieur, ancien commissaire-priseur à la retraite et golfeur…

C’est court, cruel, drôle

 » Tel est pris qui croyait prendre »

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